Emploi : on est mal

27/03/2017 Publié dans  Economie

En France, l’indicateur utilisé pour juger du niveau d’emploi dans le pays est le taux de chômage. Cet indicateur se prête à toutes sortes de manipulations pour sortir des gens sans travail de la liste. On cache la poussière sous le tapis pour faire croire que c’est propre.

Pour avoir une vue plus juste, et comparer la situation en France avec celle de nos principaux partenaires, il est préférable de passer par un indicateur commun. Les statistiques élaborées par l’Union Européenne utilisent le taux d’emploi. L’évolution de la situation de l’emploi sur 10 ans montre une croissance permanente en Allemagne, à peine freinée entre 2008 et 2010. Au Royaume-Uni la croissance a été interrompue par un passage à vide suivi d’une reprise vigoureuse. En France, 2008 a vu coup d’arrêt porté à une embellie et la situation n’a pas été redressée depuis.

Face aux chiffres bruts, on peut légitimement objecter que la tâche des Allemands a été facilitée par une décroissance d’environ 4% de la population en âge de travailler en Allemagne. Pour lever cette objection, les données brutes (base UE) ont été corrigées par l’évolution de la population active, afin de mettre en évidence la part de l’évolution du taux d’emploi liée au dynamisme de l’économie.

Le graphique ainsi obtenu est éloquent. La France et l’Allemagne partent d’un même niveau d’emploi en 2005, un peu en dessous de 70%. Le Royaume-Uni démarre à 75% environ.

Survient la crise en 2008. La France et le Royaume-Uni subissent le choc de la même façon. En Allemagne, c’est plutôt une simple stabilisation de l’emploi. La protection apportée par les contrats de travail français n’a aucunement empêché les pertes d’emploi. Simplement, quand les patrons ne peuvent pas ajuster les effectifs, ce sont des entreprises qui cessent leur activité.

Dès 2011, l’évolution positive de l’emploi reprend en Allemagne et au Royaume-Uni, alors que la France stagne.

Ceci illustre bien la nécessité de changer de logiciel politique afin de rendre la France plus attractive aux entrepreneurs et aux investisseurs et redonner confiance aux ménages.

Les propositions de la droite de conviction dont je fais partie vont dans ce sens : alléger les contraintes dissuasives qui pèsent sur le marché du travail, réduire le poids des charges pesant sur le travail et les contraintes réglementaires pesant sur l’entreprise. Ceci lèvera les freins à l’embauche au sein des entreprises existantes et libèrera les initiatives de création d’entreprises.

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